À la fin de la vie d’une étoile survient la supernova, mais elle n’est pas la fin. Dans une explosion de lumière et de couleurs, elle répand la poussière convertie en énergie dans les profondeurs du cosmos. La matière diffusée est à l’origine de la création de tout. L’expression créative se diffuse, se publie, s’imprime.
Elle naît, prend fin et inspire.
La supernova redéfinit le système.
À la fin de la vie d’une étoile survient la supernova, mais elle n’est pas la fin. Dans une explosion de lumière et de couleurs, elle répand la poussière convertie en énergie dans les profondeurs du cosmos. La matière diffusée est à l’origine de la création de tout. L’expression créative se diffuse, se publie, s’imprime. Elle naît, prend fin et inspire.
La supernova redéfinit le système.L’explosion d’une supernova est massive, colorée ; elle libère une quantité colossale d’énergie multiforme. Cette hyperproduction rappelle certainement l’effusion créative rendue possible par les pratiques d’autoédition.
Qualités du papier, encres, techniques d’impressions... les objets dits de « microéditions » présentent une richesse de formes et de récits qui démontre la liberté d’une pratique née de la contre-culture. Le format du zine ne répond pas une grille : il fixe ses propres règles. Ne se pliant a priori à aucune restriction, la microédition induit un prise de décisions individuelle – celles de l’auteur·ice ; des choix de sujets infinis qui se mêlent souvent à des techniques artisanales de création et de reproduction. Comme une explosion stellaire, les pratiques des microéditions propagent la lumière et l’énergie : elles
démocratisent une pensée artistique et politique au moyen d’outils de reproductions à bas coût et accessibles, comme la photocopie.
La matière répandue par la supernova est émise à des puissances variables, elle voyage à travers le temps et l’espace. Chaque supernova est un modèle unique, et l’autoédition ne répond pas à un schéma global ; punk par essence, elle contourne les circuits globalisés et prend (du mieux qu’elle peut) le contrepied des modèles capitalistes pyramidaux. L’autoédition implique en effet l’abolition des intermédiaires dans la chaîne de production tels que les diffuseurs ou les
distributeurs ; elle tente d’atteindre l’autosuffisance et soutient la libéralisation des pratiques. Enracinés dans les cultures underground, les objets de microéditions continuent de se diffuser en réseaux qui génèrent à leur tour une gravité culturelle. C’est au sein de ces environnements aux échelles variées que se distribue la matière graphique : salons, librairies indépendantes, associations ou encore simples envois postaux. Ces environnements sont le témoin d’une volonté profondément militante anticapitaliste de générer des connexions
sensorielles humaines, artistiques dans une période de fragmentation sociale.
Les éléments dispersés par la supernova ne sont pas voués à la perte ; ils sont à l’origine de nouveaux astres, de nouvelles créations. La supernova n’est pas une fin, mais un commencement : un cycle cosmique. La microédition publiée et achetée va rejoindre la bibliothèque pour devenir décoration, inspiration, message. Seule, elle manifeste la richesse colorée de techniques d’impressions artisanales en entremêlant textes et images poétiques, politiques, scientifiques. Parfois,
la microédition entre en gravitation avec d’autres formes ; elle se déplace là où on ne l’attendrait pas. Dans une manifestation politique, elle devient le support d’un cri militant : affiche, brochure, banderole. Dans la recherche, les designers célèbrent le chaos formel des zines et des affiches pour provoquer des situations, partager les données, ouvrir de nouveaux récits qui brisent le modèle du laboratoire aseptisé considéré trop « hors-sol ». L’émergence de ces formes graphiques dans de multiples contextes constituent en définitive un nouveau système – une supernova de l’imprimé.
À la fin de la vie d’une étoile survient la supernova, mais elle n’est pas la fin. Dans une explosion de lumière et de couleurs, elle répand la poussière convertie en énergie dans les profondeurs du cosmos. La matière diffusée est à l’origine de la création de tout. L’expression créative
se diffuse, se publie, s’imprime. Elle naît, prend fin et inspire. La supernova redéfinit le système.
L’explosion d’une supernova est massive, colorée ; elle libère une quantité colossale d’énergie multiforme. Cette hyperproduction rappelle certainement l’effusion créative rendue possible par les pratiques d’autoédition. Qualités du papier, encres, techniques d’impressions... les objets dits de « microéditions » présentent une richesse de formes et de récits qui démontre la liberté d’une pratique née de la contre-culture. Le format du zine ne répond pas une grille : il fixe ses propres règles.
At the end of a star’s life comes the supernova, but it is not the end. In an explosion of light and colors, it spreads dust converted into energy throughout the depths of the cosmos. The diffused matter is the origin of the creation of everything. Creative expression spreads, publishes, prints.
It is born, ends, and inspires. The supernova redefines the system.
The explosion of a supernova is massive, colorful ; it releases a colossal amount of multiform energy. This hyperproduction certainly recalls the creative outpouring made possible by self-publishing practices. Paper qualities, inks, printing techniques... objects known as ‘micro-publications’ present a richness of forms and narratives that demonstrates the freedom of a practice born from counterculture. The zine format does not follow a grid :
it sets its own rules.
Ne se pliant a priori à aucune restriction, la microédition induit un prise de décisions individuelle – celles de l’auteur·ice ; des choix de sujets infinis qui se mêlent souvent à des techniques artisanales de création et de reproduction. Comme une explosion stellaire, les pratiques des microéditions propagent la lumière et l’énergie : elles démocratisent une pensée artistique et politique au moyen d’outils de reproductions à bas coût et accessibles comme la photocopie.
La matière répandue par la supernova est émise à des puissances variables, elle voyage à travers le temps et l’espace. Chaque supernova est un modèle unique, et l’autoédition ne répond pas à un schéma global ; punk par essence, elle contourne les circuits globalisés et prend (du mieux qu’elle peut) le contrepied des modèles capitalistes pyramidaux. L’autoédition implique en effet l’abolition des intermédiaires dans la chaîne de production
Not bending to any restrictions a priori, micro-publishing induces individual decision-making – those of the author ; infinite choices of subjects that often blend with artisanal techniques of creation and reproduction. Like a stellar explosion, micro-publishing practices propagate light and energy : they democratize artistic and political thought through low-cost and accessible reproduction tools such as photocopying.
The matter spread by the supernova is emitted at variable powers ; it travels through time and space. Each supernova is a unique model, and self-publishing does not follow a global scheme ; punk in essence, it bypasses globalized circuits and takes (as best as it can) the opposite approach to pyramidal capitalist models. Self-publishing indeed implies the abolition of intermediaries in the production chain such as distributors ; it attempts to achieve self-sufficiency and supports the liberalization of practices.
tels que les diffuseurs ou les distributeurs ; elle
tente d’atteindre l’autosuffisance et soutient la libéralisation des pratiques. Enracinés dans les cultures underground, les objets de microéditions continuent de se diffuser en réseaux qui génèrent à leur tour une gravité culturelle. C’est au sein de ces environnements aux échelles variées que se distribue la matière graphique : salons, librairies indépendantes, associations ou encore simples envois postaux. Ces environnements sont le témoin d’une volonté profondément militante anticapitaliste de générer des connexions sensorielles humaines, artistiques dans une période de fragmentation sociale.
Les éléments dispersés par la supernova ne sont pas voués à la perte ; ils sont à l’origine de nouveaux astres, de nouvelles créations. La supernova n’est pas une fin, mais un commencement : un cycle cosmique.
Rooted in underground cultures, micro-publication objects continue to spread in networks that in turn generate cultural gravity. It is within these environments of varied scales that graphic matter is distributed : fairs, independent bookstores, associations, or simple postal mailings. These environments witness a deeply militant anti-capitalist will to generate human, artistic sensory connections in a period of social fragmentation.
The elements dispersed by the supernova are not destined for loss ; they are at the origin of new stars, new creations. The supernova is not an end, but a beginning : a cosmic cycle. The micro-publication, once published and purchased, will join the library to become decoration, inspiration, message.
La microédition publiée et achetée va rejoindre la bibliothèque pour devenir décoration, inspiration, message. Seule, elle manifeste la richesse colorée de techniques d’impressions artisanales en entremêlant textes et images poétiques, politiques, scientifiques. Parfois, la microédition entre en gravitation avec d’autres formes ; elle se déplace là où on ne l’attendrait pas. Dans une manifestation politique, elle devient le support d’un cri militant : affiche, brochure, banderole. Dans la recherche, les designers célèbrent le chaos formel des zines et des affiches pour provoquer des situations, partager les données, ouvrir de nouveaux récits qui brisent le modèle du laboratoire aseptisé considéré trop « hors-sol ». L’émergence de ces formes graphiques dans de multiples contextes constitue en définitive un nouveau système – une supernova de l’imprimé.
Alone, it manifests the colorful richness of artisanal printing techniques by intertwining poetic, political, scientific texts and images. Sometimes, micro-publishing enters into gravitation with other forms ; it moves where one would not expect it. In a political demonstration, it becomes the medium of a militant shout : poster, brochure, banner. In research, designers celebrate the formal chaos of zines and posters to provoke situations, share data, open new narratives that break the model of the aseptic laboratory considered too « disconnected. » The emergence of these graphic forms in multiple contexts ultimately constitutes a new system – a supernova of print.
BIBLIOGRAPHIE / BIBLIOGRAPHY
VERNAY, Coline. « Fanzines, micro-édition, auto-édition…
La recherche en design expérimente de nouvelles formes de publications » (en ligne), Cité du Design, 2022. https://www.citedudesign.com/fr/a/fanzines-micro-edition-auto-edition-2194
« La microédition, ou l’indépendance créatrice en guise d’un futur désirable » (en ligne), Youtube, 15 avril 2023. https://youtu.be/Htb_mVQ2x3Q
HAMLIKO, Alan. « Self-publishing & Web to Zines » (en ligne), Hybrid Publish Systems. https://hybrid.publishing.systems/#/essay/Selfpublishing%20%26%20Web%20to%20Zines
TYPOGRAPHIES / FONTS
Karrik - Jean-Baptiste Morizot, Lucas Le Bihan
(velvetyne.fr)
EB Garamond - Georg Duffner, Octavio Pardo
(fonts.google.com)
The supernova redefines the system
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